Extraits du discours de François Fillon du vendredi 31 mars 2017

La Constitution fait du Président de la République le chef des armées. Notre pays ne peut donc se permettre de confier cette responsabilité à un Président de la République immature, inexpérimenté, ou enfermé dans des schémas idéologiques irréalistes.

Le monde de 2017 nous impose d’avoir à la tête de l’État un homme d’expérience et de confiance, qui connait la complexité des relations diplomatiques et qui fixe un cap clair dont on ne dévie pas, pour servir l’intérêt de la France.

François Fillon porte 3 ambitions pour la défense : 

– Une ambition stratégique, pour redessiner nos alliances et porter un projet offensif.
– Une ambition financière, pour être à la hauteur des défis que nous devons affronter.
– Une ambition humaine, car la défense est au cœur de notre société et nous devons lui apporter la place qu’elle mérite en France.

Pour porter notre outil de défense au niveau qui doit être le sien dans ce contexte international extrêmement menaçant, nous devons :

1.     Engager les actions qui permettront à nos armées d’exercer leurs missions avec une efficacité maximale

– Redéfinir nos priorités géographiques et stratégiques

– Reconsidérer certains de nos engagements du fait des limites atteintes par l’emploi de nos forces terrestres, navales et aériennes en opérations.
– Redéfinir notre stratégie globale de sécurité et de défense en prenant pour critères exclusifs l’augmentation de notre niveau de sécurité et la défense rigoureuse de nos intérêts.
– Mettre au point, face à la menace terroriste, un concept d’emploi des militaires sur le territoire national beaucoup plus rigoureux que celui qui a cours aujourd’hui.
– Redimensionner l’opération Sentinelle en retirant aux militaires les missions de garde statique et en les concentrant sur des missions d’interventions ponctuelles.
– Mettre en place une véritable agence technique au service des agences de renseignement en élargissant les compétences de l’ANSSI (agence nationale de la sécurité des systèmes d’information).
– Développer partout et sans peser sur l’armée l’esprit de défense plutôt que d’organiser des centres aérés en utilisant les moyens de l’armée.
– C’est une alliance sur le modèle de l’alliance atlantique : chacun conserve l’autonomie de sa défense, le commandement de ses forces.
– C’est le contraire d’une armée européenne, ce sont des accords de défense et une alliance aux termes de laquelle les différents pays qui acceptent d’y participer font un effort militaire (mise à disposition de moyens logistiques, de transport, de renseignements).
– Il ne s’agit pas d’agir contre l’OTAN mais de bâtir une défense européenne autonome.

– Augmenter immédiatement les moyens affectés à la défense – Conduire une revue stratégique des moyens affectés à la défense.
– Redéfinir une trajectoire financière robuste et pérenne.
– Renforcer les capacités opérationnelles de nos armées. L’augmentation des moyens devra se traduire dès l’année 2018 dans le budget de la défense.
– Adopter avant le printemps 2018 une nouvelle loi de programmation militaire (LPM) pour les années 2018-2023. François Fillon s’engage à ce que cette trajectoire financière nous permette d’atteindre l’objectif de 2 % du PIB lors de la dernière année d’exécution de cette LPM, c’est-à-dire en 2023.
– Dans ce cadre là, il y aura plusieurs priorités importantes. D’abord, la modernisation de la force de la dissuasion nucléaire. Ensuite, le lancement des études en vue de la construction d’un porte-avions qui devra en réalité, compte tenu des délais de réalisation, venir remplacer le Charles de Gaulle à la fin de son service.

– Donner la priorité absolue à la défense du territoire

– Consacrer les moyens nécessaires au renforcement de la cyber-armée.

– Mettre en place avec nos partenaires, en particulier l’Allemagne, une alliance européenne de défense.

2.    Améliorer la condition sociale de ceux qui risquent leur vie pour nous. 

– Faciliter leur logement – Lancer les opérations de rénovation de casernes nécessaires pour améliorer la vie des militaires du rang : 50 opérations de rénovation pour 4 400 logements de soldats pourraient être lancées dès le début du quinquennat.
– Garantir une offre locative accessible en Ile-de-France dédiée aux célibataires géographiques.
– Mieux accompagner les conjoints des militaires
– Améliorer leurs conditions de travail – L’augmentation de nos moyens prévue dans la nouvelle loi de programmation militaire doit nous permettre de répondre à l’amélioration nécessaire des conditions de travail des militaires.
– Offrir plus de débouchés aux anciens militaires – Poser un principe de priorité des anciens militaires à qualification égale pour accéder à la fonction publique civile.
– Mettre en place un dispositif de reconnaissance des compétences fondé sur l’expérience professionnelle des militaires.
– Mieux accompagner dans leurs démarches administratives et professionnelles pour faciliter leur seconde carrière.

– Créer une aide à la garde d’enfants, par un système de places réservées en crèches.
– Renforcer l’aide à la gestion des tâches administratives.
– Simplifier et améliorer l’action sociale des armées, trop technocratique et insuffisamment ciblée sur la compensation des opérations.
– Créer des moyens pour compenser la perte d’activité du conjoint.
– Faciliter les inscriptions scolaires et universitaires des enfants.

Réponse à Emmanuel Macron et son service national d’un mois

« Je ne considère pas que les militaires doivent consacrer une grande partie de leur temps à organiser des centres aérés d’un mois pour que les jeunes puissent gambader et améliorer leur maîtrise du français. Cela s’appelle un pêché contre l’intelligence »

« Nos armées ne sauraient être un instrument socio-éducatif et servir à assumer des missions de mixité sociale qui devraient être avant tout gérées par l’Éducation nationale ».

Sur les relations avec la Russie

« Il n’est pas nécessaire d’acculer la Russie en installant des missiles antimissiles à ses frontières (bouclier de l’OTAN, ndlr). Il faut trouver un équilibre. Le danger principal pour l’Europe, ce n’est pas la Russie, c’est le totalitarisme islamique. »

Sur la question de la Crimée

« Il y a un ordre international, une organisation des Nations Unies, c’est dans le cadre des Nations Unies que la question de la Crimée doit être réglée. Ce n’est pas à un État ou un autre de prendre des initiatives et de reconnaître l’annexion de la Crimée. »