Jean-Luc Mélenchon est un homme bon, comme Rousseau les aimait sans doute, naturellement bon.

Jean-Luc aime son prochain, il rêve d’un monde dans lequel tout le monde s’aime, vit en bonne intelligence, un monde de paix, un monde sans guerre en amenant les belligérants à se parler et à faire la paix sous l’autorité de la France, un monde sans pauvreté ni misère, un monde de justice, de fraternité, un monde où personne n’écrase personne, personne n’opprime personne, un monde dans lequel tout le monde accueille tout le monde, un monde humain, généreux, un monde dans lequel l’homme respecte la nature, la préserve et ne lui prélève que le strict nécessaire, un monde sans danger, libéré de l’égoïsme, de la cupidité, de la corruption bien entendu, un monde idéal en fait, une sorte de paradis de l’Homme car Jean-Luc aime l’humain, c’était même le premier titre de son programme, l’Humain.

Pour y parvenir, Jean-Luc a trouvé l’idée suprême, à laquelle personne n’avait pensé, que plus personne n’imaginait même dans ses rêves les plus fous !

Cette idée qui nous conduira tous, la main dans la main, entre humains égaux et nimbés du bonheur de vivre dans un monde enfin débarrassé de toute violence, de toute oppression, de toute pauvreté, vers ce paradis qu’il veut nous offrir à l’occasion de cette élection présidentielle, cette idée géniale, c’est…

L’ETAT !

Oui, vous avez bien compris, bien lu, seul, l’Etat peut nous permettre d’atteindre le Nirvana dont rêve Jean-Luc. Et cet Etat, ce sera lui, dans une 6ème République qui abolira le « souverain » qu’est devenu le Président de la République, sonnera le glas de la « monarchie présidentielle » au terme d’une assemblée constituante composée de françaises et de français n’ayant jamais appartenu à aucune assemblée de la 5ème République, certains tirés au sort (Jean-Luc, c’est un peu le nouveau « Jésus » avec ses apôtres).

Cette constituante rédigera la nouvelle constitution, qui intègrera de nombreux nouveaux droits :

Le droit au logement, le droit au travail correctement rémunéré, le droit à l’accès à certains biens communs au terme d’une réflexion sur la propriété « collective opposée à lucrative », le droit de disposer de son corps – avortement libre, droit à mourir dans la dignité, à la PMA (mais pas à la GPA tout de même).

La nouvelle constitution en place, les nouveaux députés pourront commencer à appliquer le programme du monde idéalement humain de Jean-Luc. Là, ce serait trop long de le détailler en entier et je vous renvoie à son site, mais retenons quelques lignes directrices :

  • La lutte contre la pauvreté avec notamment le relèvement des salaires (smic, traitement des fonctionnaires), des retraites (au minimum égales au smic), des minimas sociaux.
  • Le partage du temps de travail avec la durée ramenée à 32 heures et peut-être à 30 heures si on le peut car cela créera des emplois, beaucoup d’emplois…
  • Une 6ème semaine voire une 7ème de congés payés.
  • La retraite à 60 ans.
  • Des embauches massives d’enseignants et de fonctionnaires dont la France a un besoin crucial, notamment pour la justice.
  • L’accès gratuit à la santé, à l’eau, à l’assainissement, qui sont des biens communs.
  • La nationalisation des services publics concédés au privé : autoroutes, transports en commun, gratuits eux aussi.
  • L’encadrement des loyers et la réquisition des logements vacants.
  • L’accès au crédit gratuit pour le financement des PME via l’escompte par les banques sans intérêt de leurs commandes, pour qu’elles ne souffrent plus de délais de paiement.
  • La suppression des quotas d’immigrés car il faut bien accueillir tout le monde.

Concernant notre appartenance à l’Europe, Jean-Luc nous propose d’abord de « désigner les ennemis » (sic !), qui sont respectivement :

  • Le gouvernement allemand et les politiques d’austérité (ouf, ce n’est pas le peuple allemand).
  • La Banque Centrale Européenne qui « sort de son rôle monétaire » (Jean-Luc doit trouver qu’il est indigne d’avoir des taux d’intérêt si bas).
  • L’ « ordo-libéralisme » de la commission.

Pour rendre crédibles nos menaces de peuple redevenu souverain, Jean-Luc propose quelques bonnes mesures :

  • La réappropriation de la création monétaire par la réquisition de la Banque de France.
  • La mise sous contrôle des mouvements de capitaux.
  • La liquidation volontariste des paradis fiscaux.

Fort de ces décisions qui devront faire réfléchir nos partenaires, il propose d’aller négocier avec eux quelques points clé :

  • Le rachat des dettes publiques par la BCE pour mettre fin à la pression des créanciers (il veut sans doute parler des marchés) et la réorientation du rôle de celle-ci vers le plein emploi et le financement direct des Etats auprès de ladite banque centrale.
  • La suppression de la cour de justice européenne.
  • La suppression de la surveillance budgétaire des Etats de l’Union.
  • La transformation de la monnaie unique en monnaie commune.
  • L’harmonisation fiscale et salariale en Europe et la lutte contre la finance pour mettre fin aux paradis fiscaux tels que Luxembourg ou Londres (mais il oublie juste que Londres ne sera plus dans l’Europe).
  • L’opposition de la France aux traités commerciaux par le protectionnisme.

Dans le cas où cette négociation viendrait à échouer, Jean-Luc nous fera sortir de l’Europe et de l’Euro, tout simplement : c’est le plan « B », qui entraînera les mesures suivantes :

  • Le non- paiement de la « dette illégitime » de la France.
  • Le « protectionnisme solidaire aux frontières » pour le respect des droits du travail et environnementaux.
  • La refondation de la coopération européenne et au-delà.

Citons encore, pêle-mêle dans son vaste programme, le rapprochement des grandes écoles des universités, la suppression du financement par l’Etat des écoles non « laïques », le téléchargement gratuit compensé par une rémunération des auteurs par des taxes sur les matériels (téléphones, ordinateurs, lecteurs de dvd etc…). Et aussi l’obligation pour les entreprises d’associer les salariés aux décisions ou encore la nationalisation des grandes entreprises considérées comme stratégiques dans certaines filières.

Bref, comme on le voit, Jean-Luc a un vrai projet pour redonner le pouvoir au Peuple sur « la caste » des dirigeants actuels.

Certes, ce programme a un coût, qu’il a fait chiffrer par des experts (voir la vidéo du chiffrage accessible sur son site, mais assurez-vous d’avoir 5 heures devant vous car elle dure effectivement tout ce temps – je vous recommande l’exercice car on y découvre plein d’experts qu’on ne connaissait pas et c’est bien dommage d’ailleurs mais heureusement, on les connaît maintenant grâce à Jean-Luc !)

Ce coût, il est de 100 milliards de dépenses d’investissement financés par la dette (à quel taux Jean-Luc ?) auxquels s’ajoutent 173 milliards d’euros de dépenses publiques de fonctionnement sur 5 ans!

Mais tout ceci est intégralement financé (si, si !) par des recettes qui représenteront 177 milliards d’Euros, dont 33 milliards de nouveaux prélèvements obligatoires (par exemple, ceux qui gagnent plus de 400.000 € verront le surplus de revenu au-delà de ce montant imposé à 100 %, il fallait y penser), 38 milliards par la suppression de niches fiscales ( ?),33 milliards d’impôts récupérés par la lutte contre l’évasion fiscale et 55 milliards de fruits de la relance économique car tout ce programme va générer un fantastique sursaut de croissance grâce à l’Etat : rendez-vous compte, ses économistes, dont le bien nommé Jacques Généreux, prévoient que chaque euro dépensé génèrera 1,4 € de recettes. Que d’autres économistes réputés comme ceux de l’IFRAPet d’autres instituts patentés aboutissent à un résultat opposé – et proprement désastreux pour la France – ne fait pas douter Jean-Luc de la pertinence de son projet, car les vrais experts, ce sont les siens ! La preuve, c’est que les autres ne sont pas avec lui !

A bien y regarder, ce seront sur 5 ans 120 milliards d’euros d’impôts et taxes supplémentaires ; une bagatelle largement supportable par ceux qui détiennent la richesse.

En fait, Jean-Luc, très cultivé dit-on, a juste oublié que son programme a déjà été appliqué, certes pas tout à fait complètement en France mais complètement du côté de l’Oural ; son programme porte même un nom :

LE COMMUNISME !

En fait, sous son allure débonnaire et conviviale, Jean-Luc n’est finalement qu’un arriviste, gavé d’ambition personnelle, qui veut le pouvoir absolu pour lui et ses amis, à la mode Castro, Chavez ou Staline, ce « petit père du peuple » si bien nommé !

En l’écoutant avec ses « experts » dans leur sinistre vidéo du « chiffrage » énoncer leurs absurdités de façon sentencieuse, comme s’ils découvraient le Graal, on aurait envie de rire, si ce n’était pas tragique !

Parce que proposer aux français un tel programme, en 2017, n’est pas stupide, aberrant, scandaleux ou démagogique, c’est tout simplement honteux !

FXS