Le 20 juillet dernier sur la base d’Istres, Emmanuel Macron adressait quelques mots doux aux militaires dans une belle combinaison de pilote de chasse, ornée des insignes «Emmanuel Macron – Armée de l’air» et «Forces Stratégiques Aériennes», lui qui fut exempté de service militaire ! On se souvient de Tom Cruise dans Top Gun ou de Georges Bush va-t-en-guerre sur le pont du porte-avion USS Abraham Lincoln : quel mimétisme hollywoodien !

Cette mascarade de communication révèle en réalité un grave divorce entre Emmanuel Macron chef des Armées et … les Armées, en raison d’une dramatique erreur d’analyse sur les moyens à allouer pour notre défense nationale.

Retour sur les événements qui l’ont amené à dévoiler son imposture sur l’un des sujets les plus critiques pour notre Nation :

Emmanuel Macron candidat : +18 milliards pour la Défense

Outre le rétablissement du Service Militaire obligatoire, promesse qu’il ferait bien de ne pas tenir, Emmanuel Macron candidat avait tenu compte de l’obsolescence des équipements et de la montée des menaces. Il s’était engagé à porter le budget de la Défense à 2 % du PIB d’ici à 2025. Il avait donc promis une trajectoire d’augmentation légitime des moyens pour que ceux-ci atteignent, hors pensions et hors surcoût des Opex (opérations extérieures), plus de 50 milliards d’euros, contre 32 milliards en 2017.

Emmanuel Macron président : la Grande Muette première variable d’ajustement budgétaire

Après le temps des promesses, voilà Macron et son équipe dans la réalité, en l’absence de tout programme de redressement digne de ce nom. Face au mur de la dette et sans initiatives majeures de transformation de notre modèle économique et social, il est contraint de raboter sévèrement. C’est l’opportuniste Gérald Darmanin qui l’annonce le mardi 11 juillet : la Grande Muette sera la première variable d’ajustement de l’Etat par une réduction budgétaire de 850 millions.

Le lendemain, mercredi 12 juillet, le CEMA Pierre de Villiers est auditionné par la commission Défense de l’Assemblée Nationale. Voici son audition, qui mérite d’être lue en détail tant elle est précise et pertinente :

Emmanuel Macron Jupiter : de la Défense Nationale à la défense de son image

Le jour suivant, le 13 juillet, Macron recadre sèchement le CEMA dans son discours aux Armées la veille de la fête nationale. Ce recadrage inutile et mesquin sonne comme une humiliation, en particulier dans le contexte du reniement de sa promesse de campagne.

Sans surprise, Pierre de Villiers sauve son honneur en démissionnant le 19 juillet. Le personnel de l’Etat-major lui fait une impressionnante haie d’honneur à l’occasion de son départ.

Le nouveau CEMA, le général Lecointre, rend lui aussi un hommage appuyée à Pierre de Villiers :

Malgré tout, Emmanuel Macron décide de poursuivre son humiliation par l’intermédiaire de son porte-flingue Christophe Castaner qui déclare par voix de presse:

Pierre de Villiers accordera un entretien à Causeur quelques jours plus tard. Fin de l’affaire.


Avec le recul de l’été, que penser de cette grave affaire ?

A l’heure où la Nation est exposée sur de nombreux théâtres d’opérations extérieures, où le terrorisme sévit mois après mois sur la scène intérieure, où les tensions géopolitiques sont croissantes, l’augmentation des moyens militaires et des postes régaliens d’une manière générale devrait être une évidence pour tous.

Comme le résume Rafik Smati, Emmanuel Macron sacrifie ici le long-terme et renonce dès l’année 1 de son quinquennat à l’amélioration de notre Défense Nationale, alors qu’il s’agissait de l’un de ses principaux engagements.

Plusieurs anciens militaires se sont exprimés sur le sujet également. Notons :

Enfin, Causeur a publié ce mois-ci, un mois après l’affaire, une excellente analyse qui permet de comprendre ce divorce profond entre Macron et les Armées.


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